Kiko Moskito : des pièges à moustiques fabriqués dans la Loire
Et sans émission directe, c'est-à-dire dans leur utilisation, de CO2 pour diffuser son attractif, promet Martin Saby, néo-entrepreneur depuis Saint-Just-Saint-Rambert. Cet ingénieur en génie civil a décidé de lancer Kiko Moskito, estimant que dans le domaine des pièges à moustiques, il manquait au vaste panel le "combo" écologie, esthétique, fait local et financièrement accessible.
Ils ont l'air de gros pots de fleurs et c'est bien le but. Un des buts. Annexe celui-ci : l'objet de Kiko Moskito, c'est de piéger les moustiques, tigres ou pas, ça marche dans les deux cas, assure son concepteur / entrepreneur Martin Saby. Les pièges conçus par cet ingénieur en génie industriel de formation ont été pensés pour ne pas dénoter au milieu d'un jardin tout en s'adressant « aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels ». Des pièges à moustiques, ça n'a bien sûr rien d'innovant en soi. Il en existe de toutes sortes sur le marché grand public, allant de 60 à 2 000 €, plus ou moins efficace, plus ou moins adaptés aux circonstances de chacun.
En revanche, fabriqués dans la Loire avec ce profil esthétique se voulant incognito et n'utilisant pas de CO2 pour fonctionner, seulement l'électricité, c'est infiniment plus original, assure Martin Saby. Originaire de Saint-Just-Saint-Rambert où il vient de revenir, ce diplômé de l'Ecam Lyon avait en tête l'entreprenariat depuis quelques années déjà après un parcours l'ayant successivement amené à travailler pour Seb, Concept Vapeur, Nestlé, Louis Vuitton et dernièrement Wavin. « C'est à la fois par des relations professionnelles disons, dans le milieu de lutte contre les nuisibles, et personnelles à Toulouse, Clermont-Ferrand ou encore à la Réunion, par toutes sortes de discussions que j'en suis venu à me dire qu'il y avait un marché à prendre autour des pièges à moustiques vis-à-vis de ce qui se fait jusque-là : c'est-à-dire en proposer des plus faciles à installer, plus esthétiques, moins polluants, faits en France et malgré tout, à un prix accessible. »
Pas de CO2 pour diffuser l'attractif
Lancée en janvier, la société Kiko Moskito a été officiellement créée début avril. Elle est accompagnée par l'incubateur de Télécom Saint-Etienne l'Use'in (université Jean-Monnet) qui ne s'adresse pas qu'à ses étudiants. « Dans mon cas, c'est un soutien essentiel, pas sur le côté technique de mon produit mais pour tout que cela implique, administrativement, financièrement, au niveau comptable, sinon marketing, d'avoir une entreprise.» La sienne a déjà commercialisé une dizaine de pièges via son site internet, avec notamment comme premier client la commune de Saint-Just-Saint-Rambert. De manière classique, ses pièges utilisent un attractif imitant ce qui attire les moustiques depuis la peau humaine.
« Mais là, où c'est différent, ce que je n'utilise pas du CO2 pour la diffusion. Certes, il faut compter une limite de 300 m2 de diffusion par piège.» Cet attractif est en effet diffusé non pas grâce à une bombonne, mais à travers une plaque micro-perforée (blanche) couvrante « assurant une dispersion homogène ». Le moustique est attiré par l'attractif artificiel donc mais aussi le petit carré aux parois noires (c'est un stimuli visuel) sur le sommet du piège : sa porte d'entrée, ou plutôt de sortie, définitive. Un ventilateur l'aspire depuis cette zone et l'entraine alors dans le filet de capture où son destin est scellé. Ventilateur à part, tout est fait ou vient de France : la métal pour former le piège est acheté à une société d'Oyonnax.
Objectif 200 à 300 pièges vendus d'ici un an
Et entre ce qui est réalisé chez lui par son imprimante 3D, des découpes du métal confiées à Veauche, une peinture thermolaquée à Saint-Just-Saint-Rambert, l'ensemble de la fabrication / assemblage se passe dans la Loire. Le piège est lui-même percé de petits trous pour qu'il évite de stocker une eau stagnante plutôt contreproductive dans la lutte contre la propagation des moustiques ! L'efficacité de son produit comme son originalité, Martin Saby les revendique mais il rappelle qu'en matière de lutte, en particulier contre le moustique tigre, il n'y a pas de solutions miracles : ses pièges n'en sont donc pas une mais permettent de réduire significativement la nuisance, assure-t-il.
Et d'inviter les habitants, déjà, à ne pas créer l'environnement propice à la multiplication des moustiques. Ce qui ne l'empêche pas d'espérer vendre 200 à 300 pièges sur la première année de fonctionnement de Kiko Moskito.